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Open Data
Open Data
21/11/2016

La stratégie de l'Open Data, axe majeur du développement d'une administration numérique en Côte d'Ivoire

La Côte d’Ivoire s’est fixé l’objectif ambitieux de l’émergence en 2020. Cet objectif nécessite la prise en considération de différentes bonnes pratiques au niveau international. Parmi ces bonnes pratiques figure en bonne place la mise en disposition de toutes les données publiques aux citoyens : l’Open Data. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) doivent aider le gouvernement dans sa mission d’ouverture de ses données et cela se concrétise au travers d’une stratégie nationale Open Data, disposée à fournir à la Côte d’Ivoire le socle juridique et technique nécessaire ainsi qu’une structure de gouvernance adaptée.

Le mouvement Open Data

Aujourd’hui, des entreprises sont à même d’aller collecter la donnée en profitant de la désintermédiation offerte par la transformation numérique. Le bénéfice est mutuel : une offre qui gagne en qualification pour les entreprises et une meilleure information pour le consommateur, qui peut aussi donner son avis sur ses choix et ainsi informer le consommateur suivant. Ce rapprochement entre fournisseurs et clients prend un nom spécifique dans le cadre de la relation administration/ usagers : l’Open data. Il ouvre la porte à la valorisation collective des données déjà produites par les acteurs publics, et occasionnellement privés. Rappelons que l’objectif de l’Open Data est de publier les données publiques de manière libre, accessible et exploitable. L’information publique est vue comme un bien commun dont la diffusion est d’intérêt public et général. La Constitution ivoirienne consacre en effet l’égal et libre accès à l’information d’intérêt public. Cette nouvelle loi vise à promouvoir la responsabilité démocratique et la bonne gouvernance par le renforcement de la légitimité des autorités publiques et la confiance des citoyens en elles. Elle institue également une Commission d’accès à l’information d’intérêt public et aux documents publics (CAIDP), acteur clef d’un programme Open Data gouvernemental. Une donnée ouverte (« open data ») est une donnée qui peut être librement utilisée, réutilisée et redistribuée. Les données sont généralement mis à disposition sur une plateforme web de présentation et de téléchargement des données et des réutilisations. Les producteurs peuvent être toutes les entités publiques possédant une donnée non personnelle et non sécurisée : adresses, statistiques, base de données, ... ainsi que des acteurs non gouvernementaux. Les utilisateurs sont les citoyens, entrepreneurs, organismes internationaux ou les administrations elles-mêmes, intéressés par la donnée, à titre d’information ou en vue d’une réutilisation créatrice de valeur. La mise à disposition des données est généralement encadrée par Une licence assure la reproduction, la diffusion, l’adaptation et l’exploitation libre et gratuite des données sous réserve de respects des conditions d’utilisation.

La stratégie Open Data en Côte d’Ivoire

Ainsi, dans le cadre de son programme général de développement d’une Administration Numérique, la Côte d’Ivoire a véritablement lancé en 2016 un programme national de mise à disposition des données gouvernementales. Auparavant, la République de Côte d’Ivoire donnait en partie accès à ses données publiques notamment grâce au portail développé par la Banque Africaine de Développement (BAD) autour du programme OpenData for Africa ou via les sites web existants des Ministères ou Agences gouvernementales. On peut par exemple citer la publication trimestrielle des indicateurs clés du marché ivoirien des télécommunications sur le site de l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI) ou la mise à disposition des nombreuses enquêtes statistiques sur www.ins.ci, site de l’Institut National de la Statistique (INS). Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire possède son propre portail de présentation et de téléchargement des jeux de données publics. Le site data.gouv.ci, développé par le Centre d’Information et de Communication du Gouvernement (CICG) en collaboration avec l’association CODE.CI et la CAIDP propose le téléchargement des jeux de données transmis par les administrations ivoiriennes via des recherches par thème ou producteur. Les utilisateurs peuvent aussi commenter les jeux de données et présenter leurs réutilisations directement sur la plateforme. Ce portail reflète aussi un mouvement de transformation des administrations initié par le CICG, la CAIDP et le Ministère de l’Economie Numérique et des Postes. Les ateliers de l’Open Data réunissent par exemple périodiquement des représentants de différentes entités publiques pour réfléchir aux méthodes de mise à dispositions des données et évangéliser leurs administrations aux principes et bénéfices de l’Open Data

Les bénéfices attendus de l’Open Data

Trois types de bénéfices sont communément attendus d’un programme Open Data gouvernemental :
- La transparence des politiques publiques
La présentation des données manipulées par l’Administration permet aux pouvoirs publics de montrer la donnée source de toute action politique, qu’elle soit budgétaire, statistique ou économique. Le citoyen a accès par exemple aux données chiffrées du budget de l’Etat et peut librement utiliser l’information pour partager un avis sur l’efficience budgétaire d’un programme publique. L’Open Data permet aussi à terme de lutter contre les conflits d’intérêts en partageant publiquement toutes les informations relatives aux fonctionnement des institutions. L’Open Data est donc un outil capable de renforcer la confiance entre les citoyens et leur gouvernement. La ville de Boston a par exemple lancé en 2006 le programme Boston About Results, qui propose librement toutes les informations relatives aux ressources et résultats de 16 services de la municipalités (http://www.cityofboston.gov/BAR/).
- L’amélioration continue du service public
La mise à disposition de données permet aux citoyens mais aussi aux administrations de mesurer la performance d’une organisation publique. Les pouvoirs publics sont donc en mesure de mieux cibler les besoins d’amélioration et d’optimisation des services proposés. Les administrations peuvent échanger plus facilement leurs données et, à long terme, la valorisation des données manipulées vient enrichir la prise de décision politique. La collaboration avec le secteur privé et le monde de la recherche est aussi facilitée et vient enrichir l’action publique. Par exemple, l’ouverture des données des opérateurs télécoms et des centres de santé durant le crise Ebola a permis aux décideurs d’anticiper les mouvements de populations (via les données de communications téléphoniques) et l’expansion de l’épidémie pour adapter la réponse sanitaire et humanitaire à la crise.
- Le développement économique
L’ouverture des données produites par l’Administration permet aussi de créer de nouvelles opportunités économiques auprès des entrepreneurs capables de valoriser la donnée brute mise à leur disposition pour créer des applications créatrices de valeur économique. Combiné avec d’autres outils issus du crowdsourcing ou du Big Data, l’Open Data public peut représenter un levier de croissance non négligeable pour la Côte d’Ivoire. A titre d’exemple, en Europe, les bénéfices économiques totaux qui peuvent découler de la mise à disposition de données publiques peuvent s'élever à 40 milliards d'euros par an selon la Commission européenne.

Pour aller plus loin :
www.data.gouv.ci
www.caidp.ci
www.cotedivoire.opendataforafrica.org